chemin des exquises

dans la folie
elle serpente dans l'allée du soleil
et pleure en attendant le retour des essaims
pour ne pas perdre la route des sables

la vagonette enivrée a du mal à avancer
elle cale sur les vapeurs brulantes
et se risque au tourment de la fiction

avec ses yeux glacés
elle aspire les journées
qui passent sur le sable
aussi lentement que les caravanes

il y avait pourtant
meme si personne n'aurait pu le croire
un marchant de poisson dans une caleche
qui patientait sous l'ombre des palmiers
qu'un mirage viennent se piquer
aux griffes de ses gardes

les rescapés de la tourmente
goutaient alors aux mets delicats
offerts par la maison de l'ombre
et par ses femmes deliables

au matin quand les chevaliers se reveillerent
sous les sombreros de l'amer
ils batirent un temple à l'effigie du roi
le roi pecheur aux cent milles femmes

depuis dans une vallée de l'Atlas
lorsque le sable tourbillonne et que soleil brule
peut s'ouvrir la fine porte des milles voluptés
qui mène au temple de ce roi nebuleux
d'ou personne jamais n'est encore revenu


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